Skip to content
Accueil » À Douarnenez, le projet d’habitat inclusif se précise

À Douarnenez, le projet d’habitat inclusif se précise

À Douarnenez, le projet d’habitat inclusif se précise

La maison Léonard de Vinci doit voir le jour au 1, boulevard Camille Réaud, à Douarnenez (Finistère). Un projet porté par l’association Santiago Accessible et la fondation Massé-Trévidy.
Le projet de la maison Léonard de Vinci se précise.

Cet habitat inclusif pour personnes en situation de handicap devrait s’installer au 1, boulevard Camille Réaud à Douarnenez (Finistère).
OUEST-FRANCE

 

« Avant d’être en fauteuil roulant, nous étions majoritairement des marins », introduit Édouard Braine, ce vendredi 3 décembre 2021, journée mondiale des personnes handicapées, comme un symbole en préambule de la présentation du projet d’habitat inclusif, qui doit voir le jour « idéalement en 2024 », au 1, boulevard Camille Réaud, à Douarnenez (Finistère).

Cet ancien diplomate ne mâche pas ses mots et se présente comme le « Tonton flingueur des intouchables ». « Il s’agit de faire vivre ensemble des gens différents et des gens valides au cœur de la ville et non pas dans une campagne lointaine pour éviter que ces handicapés viennent porter atteinte au moral des gens bien portants, c’est ça qu’on appelle l’inclusion », reprend-il avant de présenter Nicolas Zlotnik, « qui a enseigné la voile à Tréboul, moi j’étais moniteur de voile en Bretagne nord et aux Glénans, on a ici à côté de nous le pacha du Profites-en, Anthony Szymalka, qui commande un thonier accessible ».
Jean-Pierre Le Goff mécène du projet

Édouard Braine insiste aussi sur le mécène le plus important, le « sauveur du projet, Jean-Pierre Le Goff, qu’on ne présente plus ». Jean-Pierre Le Goff, à la tête de la holding Ciranoé a notamment repris les faïenceries Henriot à Quimper et, plus récemment, a racheté l’ancienne usine Chancerelle à Douarnenez.

« Le projet devait initialement se faire à Quimper », indique Édouard Braine, « mais nous avons été abandonnés. Avant d’être sauvés par Madame Poitevin », loue le président de Santiago Accessible, qui réside à Larmor Plage où était organisé, à la mi-septembre, un concert devant permettre une levée de fonds nécessaire à l’acquisition du terrain du 1, boulevard Camille Réaud, où est actuellement installé La Cantate, collectif qui réunit habitants et associations. « Nous sommes en cours de procédure d’expropriation afin de nous rendre acquéreurs du bien. La propriétaire ne se manifestait plus par rapport à ce bâti. Le bien a été estimé par les Domaines (DIE), l’argent sera séquestré, de telle façon que si la propriétaire réapparaît, elle disposera de la somme correspondante à la valeur estimée du bien », prend soin de préciser la maire, Jocelyne Poitevin.
15 personnes et 14 salariés

Vendredi dernier, le préfet du Finistère, Philippe Mahé, devait aller voir le bâtiment du boulevard Camille Réaud. « Ce bien a vocation à être rénové, agrandi, pour pouvoir accueillir le plus rapidement possible, une habitation pour 15 personnes », poursuit l’édile. Une fois construit, la vie de cette maison s’organisera avec l’appui de la Fondation Massé Trévidy. « Ce projet a fait l’objet d’une présentation en conseil départemental et a été retenu dans le cadre des aides à la vie partagée, une dotation financière attribuée à chaque place, à raison de 10 000 € par place. Donc une dotation de 150 000 € par an », précise encore Jocelyne Poitevin.

Le mécénat privé et les levées de fonds doivent permettre dans un premier temps de financer l’acquisition du terrain, pour un montant de 150 000 €. « Avec 15 personnes handicapées, il y aurait environ 14 personnes salariées », détaille Olivier Collumeau, actuel président de Vivre ensemble en Cornouaille. « Notre souhait a été de sceller un partenariat avec Massé-Trévidy, qui s’y connaît dans la gestion de ce type d’habitat ». Le projet immobilier est actuellement à l’étude et le budget de fonctionnement devrait avoisiner les 850 000 €, équilibré grâce à diverses recettes, la prestation de compensation du handicap (PCH) comme recette principale, des revenus de transfert ou encore des forfaits facturés aux résidents.
« C’est dans la ligne de nos souhaits »

« C’est dans la ligne de nos souhaits et de ce qu’on veut développer à Douarnenez », appuie Jocelyne Poitevin qui illustre son propos par la tenue de Distro en Baie, au printemps, ou son souhait de développer l’accessibilité des voies, de la promenade du Treiz et des quais de Tréboul, « pour que tout un chacun accède aux commerces et à la promenade », poursuit-elle. « Actuellement des travaux sont en cours sur la cale, pour la rendre pratique et praticable aux valides comme aux handicapés ». Enfin, elle évoque la construction d’une aire de jeux inclusive, promesse de campagne, avec « des jeux accessibles à tout le monde ». Cette aire devrait voir le jour place de la gare en 2022.
À Douarnenez, le projet d’habitat inclusif se précise

source : Ouest-France Marion GONIDEC. Publié le 06/12/2021